Le reboot de Hartley, cœurs à vif va-t-il nous briser le cœur ?

La série australienne avait tenu sept saisons dans les années 1990 et s’était exportée dans le monde entier. Ce reboot disponible sur Netflix en est toutefois très éloigné.

Toute une génération de collégiens (nés dans les années 1980) n’a juré que par le cultissime Hartley, Cœurs à vif, succès australien exporté dans 70 pays et perçu comme révolutionnaire dans sa manière de traiter les problématiques adolescentes. Son esthétique subversive, son taux de mortalité un brin disproportionné et sa crudité verbale tranchaient viscéralement avec le soap Beverly Hills, 90210 diffusé alors sur la chaîne concurrente. Aujourd’hui encore, on reste un peu nostalgique des aventures de Costa Bordino et ses frisettes gominées, Anita Scheppers et Nick Poulos, dont le décès tragique au cours d’un match de boxe nous avait laissés inconsolables. La chanson Outside These Walls de Jodie Cooper (interprétée par Abi Tucker) résonne peut-être comme l’hymne de cette génération dégourdie, pleine de rêve d’avenir qui ne demandait qu’à s’extraire de sa condition défavorisée.

En vidéo, Abi Tucker, Outside These Walls dans Hartley, coeurs à vif

C’est donc non sans un certain enthousiasme que nous avons reçu la nouvelle d’un reboot de ce mythique Heartbreak High, actuellement disponible sur Netflix. Nous sommes de retour dans le lycée de Hartley, dont les élèves ont désormais une vie sexuelle active et des smartphones. L’établissement public (fictif) de la banlieue est de Sydney a mauvaise réputation et son taux de réussite se classe au plus bas niveau de la région. Au lieu d’essayer de façonner de nouveaux Drazic, Rivers ou Anita, cette version 2022 est centrée sur Amerie (Ayesha Madon), dont les ambitions sociales sont bouleversées lorsqu’elle et sa meilleure amie Harper (Asher Yasbineck) se déchirent en raison d’un mystérieux grief. Amerie devient alors persona non grata et se lie d’amitié avec les outcasts du lycée, Darren et Quinni. Elle fait bientôt acte d’humilité et apprend qu’il y a plus important dans la vie que d’être la star de son bahut. Soit.

Au cours de ces huit épisodes, la créatrice Hannah Carroll Chapman, une fan de la série originelle, a tenté d’en capturer l’esprit tout en voulant bousculer l’image conventionnelle d’une Australie blanche et anglo-saxonne. Le casting apporte une diversité historique en termes d’origine ethnique, de sexualité et de neurodivergence (un des personnages est autiste), et c’est tout à l’honneur de cette production.

En vidéo, la bande-annonce de Do Revenge, le thriller coloré de Netflix

Si l’argot australien est toujours très présent dans la série, on a cependant du mal à faire le lien entre les deux versions que presque trente années séparent. On ne voit pas de filiation directe ; la nouvelle série ressemble aux désormais très convenues Sex Education ou Riverdale, laissant un sentiment de déjà-vu. Les sujets abordés, regagner une réputation ternie, s’affirmer dans sa sexualité, sont pour le moins éculés. Les premières images sont par ailleurs assez vulgaires dans les propos tenus, la manière d’aborder le sexe lourde et insistante. Mais c’est peut-être le ton général, cette fausse ironie distante, propre aux séries d’ado qui fatigue un peu. Les personnages ont l’air légèrement insupportables et finalement lisses. Ou peut-être avons-nous pris de l’âge sans nous en rendre compte depuis Drazik, son collier dent de requin et ses gilets en laine ?

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